dimanche, 07 juin 2009

Julien Baumgartner: «Je n’ai pas eu de problèmes à jouer nu»

Il joue le rôle de Julien, un espion très particulier dans le film «Le plaisir de chanter», tout juste sorti en DVD. Il nous a accueilli chez lui en toute simplicité pour nous parler de ce personnage, qui oscille entre perversion et innocence.

 

 

Dans Le Plaisir de chanter –film par ailleurs fort réussi, et qui vient de sortir en DVD (voir l'avis de TÊTU)– Julien Baumgartner brillait par la justesse de son jeu, manquait de peu d'éclipser les talents de Marina Foïs et Lorànt Deutsch. Dans le rôle d'un homme égocentrique, un peu hystérique et terriblement triste, il formait avec Jeanne Balibar un duo magistral. Nous avons rencontré ce jeune homme que l'on voit malheureusement trop peu au cinéma.

TÊTU: Comment qualifies-tu ton rôle dans le film?
Julien Baumgartner: Mon personnage est pur mais en même temps corrompu par la vie. Il court à sa perte, il est dans un comportement d'autodestruction. Il a aussi une énorme force de vivre et une envie d'aimer importante. Ce qu'il cherche, c'est quelque chose pour exister et son attitude est celle d'un salopard, d'un manipulateur mais aussi d'un enfant. Il a un côté gigolo, pervers et joueur. On sent la mort en lui, il est la mort et aussi la vie. Il a finalement un côté romantique.

Comment as-tu préparé ce rôle?
Pour être honnête, je ne l'ai pas beaucoup travaillé. Ilan (Duran Cohen, le réalisateur, NDLR) l'a écrit en pensant à moi. Il m'a dit de lire le scénario et pour moi ça a été évident. Je tenais beaucoup à jouer ce personnage. Je savais tout de suite comment j'allais lui donner vie. Au début ça a été très dur; aux premières lectures je me suis fait viré, car personne n'était convaincu! Mais c'est parce que je savais exactement comment le jouer, je voulais tout de suite passer au tournage. Finalement, Ilan m'a fait confiance et dès la première scène il m'a dit que je tenais le personnage. Si je n'avais pas eu le rôle, j'aurais tout arrêté.

Tu passes la plupart de ton temps entièrement nu. Est-ce que ça a été difficile?
Non, je n'ai pas eu de problèmes à jouer nu. C'est jamais évident, mais ça ne m'a pas dérangé. Je savais que je faisais quelque chose de singulier, j'avais une totale confiance en Ilan. Et puis ma façon de me concentrer c'était aussi de me balader nu entre deux prises, ça me permettait de rester dans le personnage. Jeanne Balibar en a d'ailleurs eu marre et a demandé que je me rhabille.

Il y a une scène dans laquelle tu fais une fellation et une autre où tu te masturbes. Comment cela s'est passé?
C'était rigolo. En plus l'homme à qui je fais une fellation et la situation ont contribué à donner un aspect comique. Et puis j'aime bien décoincer les gens. Moi je m'en foutais complètement. C'était plus délicat pour la scène de la masturbation face à Jeanne Balibar, on était tous les deux nus face-à-face.

Le film sort complètement des sentiers. Il est carrément inclassable?
C'est un mélange de plein de choses mais en même temps ce n'est pas du copiage. Il faut lire les écrits d'Ilan pour comprendre un peu son univers. Ça plait ou pas. On ne peut pas dire que ce soit un film bobo typiquement parisien, il n'est pas franco-français, il a même un style un peu américain. Les dialogues ne vieilliront jamais.

Contrairement aux personnages? Car visiblement il y a une sorte de fil rouge dans le film avec pour thème la vieillesse?
Oui, les personnages ont peur de vieillir, mais tu sais pour n'importe qui c'est terrible de vieillir. Savoir qu'on n'aura plus jamais 20 ans c'est dur. Je sais qu'il y a de magnifiques rôles que je ne pourrais plus jamais jouer parce que je n'ai plus 20 ans et ça me crève le cœur.

Plusieurs des films dans lesquels tu as joué tournent autour de l'homosexualité.
Je ne crois pas que l'homosexualité soit au centre des films. La couleur des personnages est différente et ça va au-delà de toute sexualité. Je trouve ça bien de jouer ce genre de rôle et je ne veux absolument pas m'enfermer dans les mêmes choses. Je ne veux pas être catalogué acteur de comédie ou acteur de tragédie. Les étiquettes sont très difficiles à enlever.

Tu fais quoi en ce moment?
J'ai fini il n'y a pas longtemps un long-métrage qui sortira début 2010. Et sinon je fais de la photo, de la peinture, de la vidéo… J'aimerais bien exposer mes toiles, mais c'est difficile à Paris. Peut-être qu'un jour un galeriste me proposera. Et puis les prochains jours je vais faire des lectures au festival de Pantin.

Propos recueillis par Antoine Mokrane

Pour plus d'infos sur Julien Baumgartner: http://www.julienbaumgartner.fr
Photo: avec Nathalie Richard dans Le Plaisir de chanter.

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