mercredi, 04 juin 2008

Florence Cassez : «Je demande le secours de la France»

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Florence Cassez lors d'une entrevue avec son avocat, à Mexico, en 2006. Clamant son innocence depuis le début de l'affaire, elle affirme : «Désormais, j'ai besoin que mon histoire soit connue.»
Florence Cassez lors d'une entrevue avec son avocat, à Mexico, en 2006. Clamant son innocence depuis le début de l'affaire, elle affirme : «Désormais, j'ai besoin que mon histoire soit connue.» Crédits photo : AFP

Interdite de rencontre avec la presse, elle parle malgré tout au Figaro depuis sa cellule dans l'attente interminable de son futur procès. Son moral est au plus bas.

Florence Cassez a été jointe mardi au téléphone depuis sa prison. Les autorités mexicaines refusent toujours que la presse lui rende visite depuis sa condamnation, fin avril, à 96 ans de prison. La Française de 33 ans a reçu le week-end dernier la visite de ses parents et de son nouvel avocat, Me Berton. Ce dernier a vu «une personne qui pourrit depuis deux ans et demi en prison et qui clame son innocence. Je ne connais pas la raison de sa détention mais j'ai pu me rendre compte que les chefs d'accusations ne tenaient pas. Je compte bien en informer Nicolas Sarkozy».

Comment se passe votre vie en prison depuis deux ans et demi?
Avant ma condamnation, j'étais active, je donnais même des cours de français aux autres détenues. Mais aujourd'hui, ma vie n'est qu'une longue attente. Je suis enfermée. J'essaie de tuer le temps, je n'ai pas le moral depuis ma condamnation. Donc j'attends, j'attends mon procès en appel. Il devrait débuter le 11 juin. J'essaie de reprendre espoir dans cette perspective. Je suis dans une cellule individuelle comme la plupart des détenus ici. Je fais du sport. Je vais à la messe aussi. Mais en réalité je ne sors pas beaucoup de ma cellule.

Le Mexique a encore été épinglé par l'ONU pour de nombreuses violations des droits de l'homme. En êtes-vous victime ?
Je viens d'avoir plusieurs réunions avec mes deux avocats, français et mexicain. Nous estimons qu'il y a eu en effet plusieurs violations des droits de l'homme. Lors de mon arrestation, il y a eu par exemple violation de l'article 16 de la Constitution mexicaine puisque je suis restée plus de vingt-quatre heures sans être présentée devant le parquet ou une autorité judiciaire. Sans compter le montage que la police a réalisé pour que la télévision retransmette mon arrestation. Je considère que mes droits ont été violés plus d'une fois, depuis deux ans et demi.

Des journalistes français sont venus au Mexique avec votre avocat, ils n'ont pas été autorisés à vous rendre visite. Pourquoi ?
J'espère que la situation va se débloquer. Là encore j'attends et je veux garder espoir. Il n'y a aucune raison pour que les médias ne puissent pas me rendre visite. C'est pour cela que je souhaite m'exprimer aujourd'hui. Je crois que la stratégie du silence que j'ai adoptée jusqu'à mon procès n'a pas fonctionné. On m'a conseillé d'être discrète car tout le monde pensait que je serais libérée. Je me suis tue et ça n'a pas été le cas. Désormais, j'ai besoin que mon histoire soit connue, au Mexique comme en France.

Selon vous, quelles sont les accusations les plus sérieuses qui pèsent contre vous ?
Nous avons décortiqué le dossier pendant deux jours avec mes avocats, il n'y a aucun élément sérieux. Le dossier est bourré d'erreurs, tout le monde peut s'en rendre compte. L'acte d'accusation est vide, il n'y a rien. Mon avocat se demande comment on a pu me condamner sans preuves. Il a rappelé que les erreurs judiciaires existent aussi en France.

En France, on se demande comment vous avez pu vivre avec Israël Vallarta (son ancien compagnon, celui qui a reconnu les kidnappings mais a innocenté Florence Cassez, NDLR) sans vous rendre compte de son inquiétante double vie ?
C'est une question qu'on ne cesse de me poser, j'ai déjà répondu plusieurs fois : je ne me suis rendu compte de rien. Tout ce que je veux dire, c'est que je suis innocente, que mon dossier est clair, j'ai l'appui de beaucoup de monde en ce moment qui sait que le dossier est vide. Je demande à la France et au président Nicolas Sarkozy qu'on vienne à mon secours. Je suis innocente, je n'ai rien fait, qu'on regarde mon dossier. Voilà le message que je veux transmettre. Je n'ai rien d'autre à dire.

» L'avocat de Florence Cassez : «Sarkozy doit nous aider»

» Le cauchemar mexicain de Florence Cassez

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