mercredi, 14 mai 2008

OGM : les regrets de Nathalie Kosciusko-Morizet

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Crédits photo : AFP

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie accuse la gauche d'avoir confisqué le fond du débat sur les OGM. François Hollande exige de son côté un réexamen complet du projet de loi, qui sera examiné mercredi après-midi par une commission mixte paritaire.

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Gouvernement, majorité et pro-OGM dans l'embarras

Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, estime qu'il est «dommage» que le débat sur les OGM «se déplace sur une motion de procédure, alors qu'il y a matière à avoir un débat riche sur le fond». «C'est dommage parce qu'il n'y aura pas la fin du débat dans l'hémicycle, et pas l'examen des 800 différents amendements, mais c'est la gauche qui l'a voulu», a-t-elle regretté. «Des deux côtés, on essaie d'instrumentaliser les peurs, des deux côtés sont dites des choses excessives», a-t-elle ensuite ajouté sur RTL.

Patrick Ollier, président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, estime que «c'est une péripétie qui est désagréable pour nous mais qui n'est qu'une péripétie qui ne remet pas en cause la finalité du vote du texte. C'est un bon texte qui doit être voté».

Jean-François Copé, chef de file des députés UMP, «regrette évidemment cet incident de procédure qui a conduit à interrompre la discussion du texte à l'Assemblée», mais juge que «cela ne doit pas nous faire oublier l'essentiel : ce projet de loi est indispensable. La procédure va se poursuivre comme l'a confirmé le Premier ministre».

Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, a rappelé que le texte de loi rejeté était «le plus restrictif au monde» et attribué le rejet à l'absence des députés de la majorité. «Apparemment, comme il n'y avait pas beaucoup de problèmes, il y avait un certain nombre de parlementaires qui étaient en commission des lois, qui travaillaient en commission des finances».

Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, le plus important syndicat agricole, trouve «lamentable de voir la cacophonie sur ce dossier. Nous demandons le plus rapidement possible un nouveau projet de loi.»

L'opposition triomphe

François Hollande, le premier secrétaire du PS, estime que «le mieux» serait de «réécrire le texte et de rouvrir la procédure parlementaire». Il a fait valoir que depuis «plusieurs semaines» il y avait eu «des difficultés sur ce texte au sein même du gouvernement au sein de la majorité» et qu'il avait «été dénaturé par rapport à sa formule initiale». Beaucoup de députés UMP «étaient troublés et ne sont pas venus voter délibérément» car ils ont considéré que le «texte n'était plus équilibré», a-t-il estimé.

Pour Jean-Marc Ayrault, «le gouvernement a été battu clairement, sèchement, sur un sujet qui préoccupe les Français. Quand on veut mépriser l'opposition, on finit par le payer, c'est ce qui vient de se passer», s'est réjoui le président du groupe socialiste.

Arnaud Montebourg parle quant à lui de «coup de tonnerre dans le ciel des semenciers». «Il n'y a plus de texte sur les OGM, il est sorti de l'ordre du jour, le gouvernement est maintenant obligé de reprendre la procédure au départ avec le même chemin de croix, c'est à dire la désapprobation profonde d'une partie de sa propre majorité sur sa libération des OGM en France».

Ségolène Royal s'est réjouie «du vote de l'Assemblée nationale, qui stoppe la progression des OGM et consolide ainsi la situation de la Région Poitou-Charentes que j'avais déclaré hors OGM dès 2004 pour protéger les agricultures et les appellations d'origine contrôlée». Elle ajoute que, «à la prochaine réunion du Conseil régional, la Région se déclarera à nouveau hors OGM en s'appuyant sur la décision de l'Assemblée nationale».

Martin Malvy, président socialiste du conseil régional de Midi-Pyrénées, première région de France en superficie de cultures biologiques, estime que «le gouvernement a récolté ce soir à l'Assemblée le fruit de ses incohérences et de ses valses hésitations».

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, estime que «l'absence des députés UMP lors du vote est un signe politique».

Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, juge quant à elle que «cette victoire illustre la formidable mobilisation des parlementaire de l'opposition, qui, par un travail sans concession, a renvoyé aux oubliettes un texte inepte qui dénaturait les engagements du Grenelle de l'environnement».

Pour le député Verts Noël Mamère, «c'est une très belle leçon donnée au gouvernement et à Nicolas Sarkozy, j'espère qu'à l'instant où je parle le président de la République est en train de manger la moquette de l'Elysée, parce que c'est une victoire des Français contre le gouvernement qui voulait faire passer une loi en force».

Quant au Parti communiste, qui est à l'origine de la motion de procédure adoptée, il a exhorté «la droite battue» à «accepter de tourner la page et ne pas re-proposer ce texte dont décidément personne ne veut».

Les députés anti-OGM de la majorité se félicitent

Parmi les parlementaires UMP, certains s'étaient élevés contre la loi issue de ses modifications par les sénateurs. C'est le cas du député UMP de Moselle François Grosdidier, pour qui «ce vote aura démontré le malaise de beaucoup de députés de la majorité qui ne se retrouvent pas dans ce texte et qui n'ont pas voulu se mobiliser aujourd'hui». Le député regrette la convocation de la commission mixte paritaire, et aurait préféré «une troisième lecture» du texte.

Autre membre de la majorité hostile aux OGM, Maurice Leroy, député du Nouveau Centre du Loir-et-Cher, parle de «vraie flibuste parlementaire» et «espère que ça contraindra tous les acteurs à se mettre autour d'une table et à réfléchir sur le travail parlementaire, il y en a bien besoin».

Les associations écologistes ravies

Greenpeace s'est dit «heureux» de ce rejet, estimant que le projet de loi présenté «ne garantissait pas la perennité des choix sans OGM». Même satisfaction du côté de France nature environnement, qui estime que ce rejet est « une opportunité pour faire évoluer le texte» pour qu'il soit «plus conforme au principe de précaution». De son côté, Attac se félicite du «sursaut lucide et courageux» de l'Assemblée nationale.

Pour José Bové, qui parle de «victoire historique», ce rejet «montre que ce texte est un mauvais texte. Si les députés de la majorité n'étaient pas dans l'hémicycle, c'est qu'en fait ils n'acceptent pas ce texte». Le militant altermondialiste demande «un nouveau débat» à Nicolas Sarkozy.

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