| Au cours de cet entretien, le chef de l'Etat sortant a confié à son successeur le code d'engagement du feu nucléaire. Il a ensuite gagné en voiture son nouvel appartement du quai Voltaire à Paris, prêté par la famille de l'ancien premier ministre libanais assassiné Rafic Hariri. Nicolas Sarkozy s'est ensuite rendu dans la salle des Fêtes de l'Elysée où l'attendaient ses proches (notamment son épouse, Cécilia, arrivée à 11 h à l'Elysée en compagnie de leur cinq enfants) et des invités. Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, a proclamé les résultats officiels de l'élection présidentielle, avant la signature du procès-verbal d'investiture. Il a souhaité que les "Français se rassemblent autour des valeurs" de la République: "liberté, égalité, fraternité". Dans le Salon des ambassadeurs, un huissier a ensuite présenté au nouveau chef de l'Etat le collier de Grand maître de l'ordre de la Légion d'honneur posé sur un coussin de velours rouge. 21 coups de canon ont alors été tirés depuis les Invalides. La première allocution Le nouveau président de la République a prononcé sa première allocution de président de la République. Il a d'abord déclaré qu'il "pense à la France, ce vieux pays qui a traversé tant d'épreuves et qui s'est toujours relevé". "Je pense avec gravité au mandat que le peuple français m'a confié et à cette exigence si forte qu'il porte en lui et que je n'ai pas le droit de décevoir", a-t-il dit. "Exigence de rassembler les Français (...), exigence de respecter la parole donnée - respecter la parole donnée - et de tenir les engagements parce que jamais la confiance n'a été aussi ébranlée, aussi fragile", a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy a mis en avant l'"exigence de changement" et l'"exigence de rompre avec les comportements du passé". "Je veux dire ma conviction qu'au service de la France, il n'y a pas de camp. Il n'y a que les bonnes volontés de ceux qui aiment leur pays. Il n'y a que les compétences, les idées et les convictions de ceux qui sont animés par la passion de l'intérêt général", a-t-il dit. "A tous ceux qui veulent servir leur pays, je dis que je suis prêt à travailler avec eux et je ne leur demanderai pas de renier leurs convictions, de trahir leurs amitiés et d'oublier leur histoire", a ajouté le président de la République qui a entrepris de former un gouvernement d'ouverture à gauche et au centre. "A eux de décider, en leur âme et conscience d'hommes libres, comment ils veulent servir la France", a ajouté le nouveau chef de l'Etat. Il a par ailleurs salué l'action de son prédécesseur. "Je pense à Jacques Chirac qui, pendant douze ans, a oeuvré pour la paix et fait rayonner dans le monde les valeurs universelles de la France", a-t-il dit après avoir cité tous les anciens présidents de la Ve République. "Je pense au rôle qui a été le sien pour faire prendre conscience à tous les hommes de l'imminence du désastre écologique et de la responsabilité de chacun d'entre eux envers les générations à venir", a déclaré Nicolas Sarkozy. La suite de la cérémonie Après son allocution, il est sorti du palais de l'Elysée pour passer les troupes en revue avant d'écouter la Marseillaise. Dans l'après-midi (vers 16 h), il remontera les Champs-Elysées en voiture découverte, jusqu'à l'Arc de Triomphe. Nicolas Sarkozy ravivera la flamme et déposera une gerbe devant la tombe du soldat inconnu. Il ira ensuite déposer des gerbes devant les statues de Georges Clemenceau et du général de Gaulle au bas de l'avenue des Champs-Elysées. Puis, nouveauté par rapport au scénario habituel, il se rendra au bois de Boulogne pour prononcer un discours en hommage à 35 jeunes résistants fusillés à la veille de l'insurrection parisienne, en août 1944. En fin d'après-midi, pour son premier déplacement présidentiel à l'étranger, Nicolas Sarkozy se rendra à Berlin. Il rencontrera la chancelière allemande, Angela Merkel. |
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